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Benjamin Mendelsohn,, définition, infracteur, prédisposition, preuve, victime potentielle,, victimologie,, vulnérabilité,
La victimologie propose quatre définitions de la victime : la victime indifférenciée, due au fait du hasard ; la victime latente qui a une disposition à jouer le rôle de victime ; la victime spécifique dont le statut de victime provient du rapport qu’elle a entretenu avec l’auteur ; et enfin le criminel/victime qui peut être indifféremment l’un ou l’autre (cas d’auteurs de collisions de voitures).
En 1956, Benjamin Mendelsohn (1) s’est demandé « pourquoi la société s’occupe du délinquant, dans la période de prévention, de jugement et d’exécution de la peine, de son contact avec la famille, de sa rééducation et de son assistance après sa libération, mais pas de ce qui peut en être de la victime. Pourquoi cette victime, après avoir subi et avoir souffert, devait en plus supporter le fardeau de la preuve. Personne ne se demandait ce qu’elle devenait, personne ne s’intéressait au fait qu’une fois des dommages-intérêts octroyés, elle n’obtenait rien la plupart du temps car le criminel était insolvable ». La recherche en criminologie s’était jusque là toujours intéressée à l’auteur de l’infraction mais jamais à celui qui la subit, c’est-à-dire la victime.
Benjamin Mendelsohn étudiait le rapport existant entre l’auteur de l’infraction et la victime, sans que les deux soient toujours opposés l’un à l’autre. Hypothèse difficile à soutenir émotionnellement, il réservait notamment l’hypothèse dans laquelle la victime avait eu un comportement aussi coupable que son infracteur.Il y aurait un rapport étroit entre le comportement de la victime et le déclenchement de l’acte criminel (2). Pour les associations féministes qui défendent notamment les victimes féminines de violences ou de viols, il n’est pas acceptable de considérer qu’il y a un rapport causal entre le comportement de la femme/ victime et l’acte de violence ou de viol. Il n’est bien évidemment pas question de soutenir ici l’hypothèse que la victime a cherché a provoquer son état. cependant, la victimologie s’intéresse à une éventuelle prédisposition de la victime. Est mise en évidence la nécessité d’étudier les comportements de la victime afin de mieux comprendre ce qui déclenche l’acte criminel et la souffrance que la victimation engendre, le but de la victimologie étant de développer un système de mesures destinées à réduire le nombre de victimes. A ce titre, il n’est pas inintéressant de tenter d’associer vulnérabilité et victime. Si l’un n’est pas totalement le corollaire de l’autre, on peut affirmer qu’être victime rend plus vulnérable et qu’une personne vulnérable est plus encline à devenir victime. Une personne vulnérable serait une victime potentielle.
Cette potentialité amène à se demander quels sont les contours possibles de la notion de victime et quand bascule-t-on d’une situation de normalité vers une situation d’anormalité.
- Il y a plusieurs définitions de la victimologie. Le grand dictionnaire de la psychologie définit la victimologie dans un sens très restrictif comme étant « l’étude de la personnalité des victimes de délits ou de crimes, de leur statut psycho-social et de leurs relations affectives avec leurs agresseurs », Grand dictionnaire de la psychologie (1991), Larousse. Par ailleurs, pour le Dictionnaire usuel de psychologie " La victimologie est la branche de la criminologie qui étudie le rôle et la psychologie des victimes avant, pendant et après l’acte criminel", N. Sillamy, Dictionnaire usuel de psychologie, Bordas-Paris, éd. 2003.
(1) – L’origine de la victimologie est située dans les années quarante, date des premiers travaux significatifs de B. Mendelsohn et de H. von Hentig. Ce sont les travaux de ce dernier qui ont permis l’élaboration des bases de la victimologie pénale, particulièrement avec la publication de son ouvrage intitulé « The criminal and his victim » paru en 1958 dans lequel il expose pour la première fois le concept du criminel- victime (enfant abusé qui devient criminel à l’âge adulte), G. Filizzola et G. Lopez, victimes et victimologie, Que sais-je ?, P.U.F., 1995, p.37.
(2)- Hypothèse défendue par Ezzat Abdel Fattah, fondateur de la School of Criminology à la Simon Frazer University de Vancouver.