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L’image est un vecteur d’information très important car il touche très profondément celui qui la regarde, que ce soit avec intérêt, dégoût, mépris, colère etc.

Les campagnes visuelles faites contre la violence conjugale sont souvent accompagnées de débats sur le fait de savoir si la méthode de communication employée est trop choquante ou pas assez. S’il faut appeler un chat un chat ou tourner autour du pot. Sur les sites qui relatent ou diffusent les images de campagnes contre la violence, il n’est pas rare de lire ce genre de commentaires

"Je dois vous dire que je n’aime vraiment pas cette publicité. Je la trouve très agressante (…) Je trouve ça déplorable de passer ces images à la télé. Avez-vous pensé aux enfants qui voient ça à la télé! Ça n’a pas de bon sens! Refaites vos devoirs!!!"

Pourtant, les victimes semblent souvent être d’un avis différent.

"J’ai moi-même déjà été victime de violence conjugale et je dois admettre que vous reprenez bien cette situation. Oui la pub est choquante,mais il faut montrer les vraies choses…c’est ce que vous avez fait. Bravo!"

Alors, faut-il édulcorer la vérité visuelle pour ménager les sensibilités? Je ne le pense pas. L’image provoque sur son témoin une charge émotionnelle (immédiate ou à contre coup) entrainant un dialogue ou une réflexion.  La connaissance acquise grâce à une image peut permettre de sortir du silence ou du déni dans lequel est enfermé une victime directe ou indirecte de violences conjugales (les enfants sont souvent témoins des violences conjugales). Le danger n’est pas toujours dehors, la violence conjugale est cachée, la complicité passive est coupable. La communication peut inciter l’entourage à déceler des situations dangereuses, à aider la victime pour qu’elle sorte de son état dans lequel elle est enfermée.

Expliquer une image représentant une scène de violence conjugale à ses enfants avec des mots simples tout en faisant passer un message éducatif général sur l’égalité, le respect des autres, la nécessité de ne pas se moquer, de ne pas être violent ni psychologiquement, ni physiquement, d’apporter son concours, de savoir dire non, est à mon sens fondamental. Les enfants sont sensés et sensibles, ils peuvent comprendre très jeunes la gravité d’une situation surtout si on les guide dans ce sens. Aux parents la charge de leur inculquer que face à une circonstance irritable ou une réaction perçue comme étant désobéissante, la violence et l’humiliation ne sont pas la réponse normale à adopter, mais une expression de la frustration.

Voici 30 affiches pour dénoncer les violences faites aux femmes, parues sur un site dédié au marketing.

J’ai sélectionné quelques images que je trouve très puissantes mais je vous incite à aller les voir toutes.

L’impact de la violence psychologique/Les mots peuvent être aussi destructeurs que les gestes

La violence physique touche les femmes de tous les âgesLa complicité passive est fautive/ La violence conjugale tue chaque année une femme tous les 2,5 jours (25 hommes annuellement)J’aimerai être le mur pour qu’il ne me trouve plus – ma maison est ma prison il m’a privé de liberté

Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants, JORF n°0158 du 10 juillet 2010 page 12762.

Violences conjugales info

Et une affiche que je trouve très percutante, parce qu’elle rassemble en une seule affiche les différentes violences faites aux femmes